Opéra de Rennes
Rennes, France
Henrich Marschner, Le Vampire
Opéra romantique en deux actes Livret de Wilhelm August Wohlbrück d’après la pièce Der Vampyr oder die Totenbraut de H. L. Ritter
Première : 31 octobre 2008
Rôles du concours :
Janthe/Emmy (soprano) Helen Kearns (Irlande)
Malwina (soprano) Vanessa Le Charlès (France)
Aubry (ténor) Marc Haffner (France)
Ruthven (baryton) Nabil Suliman (Syrie)
Dans les autres rôles :
Sir Humphrey, Lord von Davenaut (basse) Christophe Fel
Sir Berkley (basse) Christophe Fel
George Dibdin (ténor) François Piolino
John Perth (rôle parlé) Christophe Fel
James Gadshill (premier ténor) Jean-Jacques L'Anthoen
Richard Scrop (second ténor) Davy Cornillot
Robert Green (première basse) Guillaume Rault
Toms Blunt (seconde basse) Ronan Airault
Suse (mezzo-soprano) Karine Audebert
Le Maître des Vampires (rôle parlé) Marc Haffner / Nabil Suliman
Avec la participation de l'Orchestre Philharmonique Pannon
Direction musicale : Olari Elts
Décors et costumes : Judit Gombár
Chorégraphie: András Szöllõsi
Lectrice au théâtre : Judit Góczán
Mise en scène : Zoltán Balázs
Heinrich Marschner est un compositeur allemand, né le 16 août 1795, à Zittau. En 1815, il a fait la connaissance à Karlsbad d’Amadé Tádé, intendant de la musique impérial et royal qui l’a pris sous sa protection et l’a emmené à Vienne, en résultat duquel il a pu rencontrer Beethoven et Henrik Klein. Suite à la proposition de Klein, il est devenu instituteur de musique chez le comte János Zichy Nepomuk entre 1816 et 17, et le chef de l’orchestre du prince Grassalkovich à Presbourg. Après la mort de sa femme, Marschner s’est retiré à Nagyláng où à l’invitation du comte Zichy, il a composé une ouverture à la hongroise en 1818. Il a composé dans la même année ses opéras : Saidar und Zulima et Heinrich IV und d’Aubigné. A partir de 1824, il a été le directeur musical de l’opéra de Dresde aux côtés de Weber, mais leur relation n’était pas harmonieuse. A partir de 1827, il a été le directeur du Théâtre Municipal de Leipzig où il a écrit ses opéras Der Vampyr (1828) et Der Templer und die Jüdin (1829) dont le succès a rendu célèbre le nom de Marschner. Entre 1830 et 1859, il a été chef d’orchestre de la cour à Hanovre. Son œuvre théâtrale la plus importante, Hans Heiling a été représenté pour la première fois à Berlin, en 1833. Il a passé ses deux dernières années principalement à Paris. Il est décédé le 14 décembre 1861, à Hanovre.
Bref résumé de l’opéra :
L’histoire se déroule dans l’Écosse du XVIIIe siècle. Au cours d’un sabbat, Lord Ruthven apprend du Maître Vampire qu’il doit sacrifier trois pucelles dans 24 heures, sinon il va mourir. L’horloge sonne l’une, et la première victime de Ruthven, Janthe arrive au rendez-vous secret. La disparition de la fille est vite découverte, mais on arrive trop tard à la grotte où Ruthven s’est caché avec elle : Janthe est morte. On poignarde Ruthven et on l’y laisse, mais Aubry – dont la vie a été sauvée auparavant par Ruthven – trouve le moribond et l’aide à accéder au clair de lune. Il se rend compte que Ruthven est un vampire, ainsi il doit jurer qu’il ne révélera pas le secret pendant 24 heures, ou autrement, lui aussi, il deviendra un vampire. Aubry et son amour, Malwina apprennent de Davenaut, le père de la fille qu’elle doit marier le comte Marsden la nuit même. Aubry sait que Marsden et Ruthven sont identiques, mais il ne peut dire rien, puisque son serment le lie. Près du château Marsden, Emmy attend son fiancé, George. Elle est juste en train de raconter la légende du vampire quand Ruthven apparaît, et après avoir amadoué les villageois par ses donations, il commence à flirter avec Emmy. Aubry avertit George de veiller à Emmy – mais il arrive trop tard ; Ruthven allèche la fille à la forêt et la tue également. Aubry essaie encore une fois de dissuader Davenaut de forcer Malwina au mariage avec le comte, mais en vain, il est précipité hors du château. Un grand orage approche. Aubry retourne, parce qu’il a décidé de dévoiler le secret de Ruthven quoi qu’il lui arrive. Soudainement l’horloge sonne l’une et Aubry – délibéré du serment – révèle que Marsden est identique à Lord Ruthven, le vampire. Ruthven, comme il n’a pas achevé son devoir, est foudroyé et il est englouti par l’Enfer. Davenaut demande pardon au Malwina et consent au mariage de la fille avec Aubry.
Zoltán Balázs à propos de « Der Vampyr » :
« La nouvelle née de la plume de Dr. John W. Polidori portant le même titre et servant de base littéraire pour l’opéra d’Heinrich Marschner, Der Vampyr, porte déjà fortement sur elle-même l’ambiance gothique de la nuit des « Frankensteins ». En effet, le docteur Polidori a créé sa nouvelle d’horreur dans la compagnie bizarre de Mary Shelley et de ses amis lors d’une nuit de Suisse quand des créatures les une plus bizarres que les autres se sont évadées de leur fantaisie. La musique richement affluant et extrêmement sensible de Marschner intensifie encore l’ambiance unique de la nouvelle qui embrasse à la manière d’un romantisme sauvage le protagoniste de l’histoire, Lord Ruthven, le vampire. La créature bloquée hors du monde des vivant et des morts cherche sa place, son temps et principalement soi-même dans ses victimes. Il est donc inévitable pour lui de s’identifier entièrement à l’emploi victimologique dont il résulte directement l’anéantissement total de soi-même. C’est ainsi que le sacrifiant deviendra le sacrifié ultime.
Le reflet jumeau de cette force vitale se consumant et se créant éternellement est Aubry, ancien ami de Lord Ruthven, qui est son complémentaire parfait. Du point de vue de l’histoire, ils deux sont comme Dr. Jekyll et Mr. Hyde qui sont entrés dans la littérature spéciale mystique de l’inconsciente collective comme le duo inséparable d’une sorte de symbiose schizophrène. Les protagonistes de cet opéra brodé de symboles et de signes tendres ne sont que des planètes solitaires dans le mouvement circulaire inarrêtable de la vie et de la mort. L’unique digue possible dans le charriage du désir de mort est la possibilité de l’amour, l’équilibre délicat d’Éros et de Thanatos. »
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Janthe/Emmy (soprano) –
Helen Kearns (Irlande)
La chanteuse lyrique a obtenu son diplôme à l’Académie Royale Irlandaise de Dublin. Elle est interprète des héroïnes de Puccini et de Rossini, elle a fait apparition à Dublin, à Rio de Janeiro, à Nantes, à Rennes, à Paris, à Krakow. Elle a remporté le premier prix et le prix du public au concours de chant Klassik-Mania à Vienne.
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Malwina (soprano) –
Vanessa Le Charlès (France)
La soprano française est diplômée du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Ses rôles majeurs sont les suivants : Donna Elvira (Don Giovanni), Madame Lidoine (Dialogues des Carmélites), Donna Eleonora (Salieri).Elle participe à de nombreux récitals sur Paris, en France et au Festival de Davos. Elle fut sélectionnée pour Plácido Domingo's World Opera Contest 2006.
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Aubry (ténor) –
Marc Haffner (France)
Le chanteur français a achevé ses études au Conservatoire Supérieur de Paris. Ses rôles majeurs sont les suivants : Don José, Lenski, Macduff, Nerone ; il a fait apparition à Rennes, à Metz, à Corèze. En 2006, il a été boursier de la Fondation Richard Wagner à Bayreuth.
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Lord Ruthven (baryton) –
Nabil Suliman (Syrie)
Le jeune baryton a obtenu son diplôme au Conservatoire royal de Bruxelles, il a été le disciple de José Van Dam à l’École Supérieure de Musique Queen Elisabeth. Ses rôles majeurs sont les suivants : Antonio (Le Mariage de Figaro), Marcello, Don Giovanni, Don Alfonso. En 2006, il a remporté le deuxième prix au Concours International de Chant de la Ville de Toulouse.
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Judit Gombár est ouvrière d’art, décoratrice et costumière. A partir de 1979, elle a été membre fondateur, puis membre éternel du Ballet de Gyõr, dont elle a été librettiste, décoratrice et costumière aussi. Elle a déployé de l’activité à 48 tournées du Ballet de Gyõr. Elle a travaillé pendant des années avec Maurice Béjart en tant que décoratrice et costumière. Elle a dirigé et enseigné à l’école du Ballet de Gyõr, elle a enseigné également à l’Académie du Théâtre National de Budapest, puis à partir de septembre 1999, à l’Académie Shakespeare et à la branche postgraduelle de l’Académie de Danse de Hongrie. Elle est adjointe d’école supérieure depuis 2001. Dans ces années dernières, elle a créé des spectacles en collaboration avec le metteur en scène Zoltán Balázs (Ionesco, Jacques ; Ghelderode, L’École des Bouffons ; Sándor Weöres, Theomachia ; Genet, Les Nègres ; Maeterlinck, Pelléas et Mélisande ; Ostrovski, L’Orage.)
Prix : Prix Jászai Mari, 1984 ; Pro Urbe Gyõr, 1992 ; Prix Hevesi, 2000 ; Croix d’or du Mérite de la République de Hongrie, 2005 ; Pour l’Art chorégraphique, 2007.
Judit Góczán, lectrice au théâtre. Elle est née en 1974. Elle a fini ses études en 2003 à l’Université d’Arts Dramatiques et Cinématographiques. Entre 1993 et 1997, elle a été membre du Théâtre National de Miskolc, entre 2003 et 2006, du Théâtre Bárka. A partir de 2007, elle est lectrice au Théâtre Pince. A côté de ses travaux de lectrice au théâtre (P. ex. : Ostrovski, L’Orage (Théâtre Bárka) ; Pourtant j’étais une bonne mère (monodrame, Théâtre Pince) ; Wyspianski, Acropolis (Théâtre Bárka) ; Hölderlin, Empédocle (Théâtre Bárka) ; Jean Genet, Les Nègres (Théâtre Bárka – Compagnie Maladype) ; Maeterlinck, Pelléas et Mélisande (Théâtre Bárka) ; Sándor Weöres, Theomachia (Théâtre Bárka) ; Ghelderode, L’École des Bouffons (Théâtre Szkéné – Compagnie Maladype)), elle est scénariste de télévision et de cinéma aussi (Les Premiers Hongrois, Thé, « 1 », Recycle).
Olari Elts, chef d’orchestre. Il est né en 1971, à Tallinn. Après avoir remporté le premier prix au Concours international de direction d’orchestre Sibelius à Helsinki en 2000, il est devenu chef d’orcheste principal de l’Orcheste Symphonique National de Lituanie. Il a rempli cette fonction entre 2001 et 2006. En septembre 2006, il a été élu conseiller en art de l’Orchestre de Bretagne, et on l’a nommé Chef d’orcheste Invité Principal de l’Orchestre de Chambre Écossais et de l’Ochestre Symphonique National d’Estonie. Il a dirigé avec ce dernier, entre autres l’Albert Herring (Benjamin Britten), l’Il Trittico (Puccini) et Don Giovanni (Mozart). Elts jouit d’une grande renommée et d’une reconnaissance internationale pour son style unique d’interprétation dans lequel la raison et la compréhensibilité occupent toujours une place importante.
Zoltán Balázs, acteur, metteur en scène. Il est né en 1977, à Cluj-Napoca (Kolozsvár). Il a fréquenté une classe spécialisée en arts dramatiques d’un lycée de Szentes. Il a commencé ses études en spécialisation d’acteur à l’Université d’Arts Dramatiques et Cinématographiques en 1998, puis il a parallèlement fréquenté la spécialisation de mise en scène aussi. Il a participé à plusieurs cours de maîtrise à l’étranger : à Avignon, il a fréquenté l’Atelier de Vasiliev et de József Nagy ; à Paris, le cours de Robert Wilson ; à Stuttgart il a achevé le cours de mise en scène de l’Union des Théâtres de l’Europe. Il est le directeur artistique du Théâtre des Rencontres Maladype. Il a été le membre du Théâtre Bárka entre 2003 et 2008. Dans ses mises en scène (P. ex. : La grande marche – d’après le Bolero de Ravel ; Ostrovski, L’Orage ; Gilbert et Sullivan, Mikado ; Genet, Les Nègres ; Sándor Weöres, Theomachia.) la musique, le rythme et la musicalité reçoivent une importance éminente. L’aspiration permanente de ses représentations est d’« élever le spectacle, le mouvement et la musique au niveau du texte pour procurer le spectateur d’une expérience théâtrale complexe affectant à la fois la raison et les sens. »
Prix : Prix Jászai Mari, 2008 ; Prix Õze Lajos (pour l’interprétation d’Hamlet et de Mackie le Surineur) ; Prix Gábor Miklós (Shakespeare, Hamlet) ; Súgó Csiga (Shakespeare, Hamlet), 2005 ; Prix ARARAT (Meilleur acteur - Hamlet), 2005 ; la Croix de Chevalier de l’Ordre du Mérite de la République de Hongrie, 2005 ; Prix Météore, 2002 ; Paris : Meilleur acteur (Baudelaire, Les Fleurs du Mal), 2001.